mardi 9 juin 2009

Poésies de Viviane

Pasta

I assign them to their fate.
Silent, unbending, anonymous.
Thrust upright into the bubbling cauldron,
They stand a few minutes.
I watch their mute surrender
As they bow away beneath the steam.
Submerging the last unyielding bits,
I am the Kitchen Witch;
Doing nothing
And dreaming of power.

mercredi 7 janvier 2009

Reprise

video

Portrait

I am a musician.
One of the few
culturally accepted
obsessive compulsives.
Sitting and playing
for hours on end
the same little melody
over and over
hoping to master it.
The human ear,
like the heart,
loves repetition,
rejoices in recognition
of a simple refrain.

If I could love
all my life,
the same melody,
why not then
the same man?
My heart sang his music,
he tired of hearing.
It seems my own song
grew too familiar
to inspire
a quickening pulse,
my notes too loyal,
obeying one rhythm,
obsessive compulsive,
soon fading to noise,
unconsciously heard.

samedi 20 septembre 2008

Poésies de Viviane

Le Mensonge


La petite moue de ton épouse
en regardant ta veste
le bouton tombé
rapidement recousu
gauchement
le fil dans tous les sens
on dirait la main d’un enfant
dit-elle
et toi, tu as fait un petit sourire penaud
heureux de sa conclusion
cousue de fil blanc

mes mains savent mieux faire
dit-elle
je t’arrange ça
et tu cèdes
à ton fil à la patte
heureux qu’elle ne regarde pas ta vie
comme ta veste
sous toutes les coutures
il aurait suffi de tirer un fil pour découvrir
l’ampleur du mensonge

mes mains savent mieux faire
t’ai-je dit
en te faisant l’amour
elles tremblaient sur toi
sur ta veste
même pour recoudre un bouton tombé
gauchement
le fil dans tous les sens
rapiècement rapide
dans la lumière sombre de la chambre d’hôtel
on dirait la main d’une amante

mercredi 9 juillet 2008

Poésies de Viviane

Chacunière*

* n. f. XVIe siècle, chascunière. Dérivé de chacun. Vieilli et fam. La maison de chacun. Ils retournèrent chacun dans sa chacunière.

Quelques racines de mes espoirs
gisent encore sous la terre de ton jardin,
et tes pénates connaissent
par coeur mes prières.
Ton plafond se teint de la fumée de mes rêves,
où je crayonne mon nom
sur l'écho de ta voix.
Un verre sur la table
porte la trace de ma soif,
et tes livres réclament
la caresse de mes yeux.
Le feu du foyer
projette au mur
mon ombre qui danse et qui hante ta demeure.
Et là haut, dans ta chambre,
ton lit manque ma chaleur.

Incorporelle,
Je suis la fée folle du logis.
Mon âme sans Toi est sans abri.

lundi 7 juillet 2008

Poésies de Viviane

Thief


you cool me
a drink of water in the dark
and my body settles
hisses softly in the sheets
sack of sand
then you diminish
skate away
cool butter in a hot pan

Poésies de Viviane

Michigan Avenue


Step gently over
the trembling bodies
of the fallen birds,
wings shattered
on cool smooth
panes of artificial sky.
Men in their vanity
lined this canyon
with mirrored towers
forty stories high.
Crawling dust and paper winds
slither after the staccato heels
that flee the blemishing drops
while the skinny exiled outlines
of trees in their concrete beds
wave their bare arms
in mercy prayers.
Perhaps the sky will deliver them.
Only the fountains are strangely still.
Heaven holds its breath
before a sob, before
the storm is sent
to teach humility.